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PARLER … QUELLE COMMUNICATION ... ?  QUELLE OBJECTIVITE … ?




Les mots ne sont que des signes sonores ou écrits à l’aide desquels tous ceux qui en partagent la langue ont convenus de représenter la réalité concrète et abstraite de la vie.

 

Ce ne sont donc que des conventions, des codes qu’il ne faut pas confondre avec les choses qu’ils décrivent.

 

Malgré le consensus qui préside à leur usage, chaque mot représentant des objets, des actes, des idées, des valeurs, des qualités et des quantités, des capacités, des défauts ou encore des émotions, des vécus intérieurs, est en réalité teinté du vécu unique de celui qui les emploie et son sens est donc modelé finement sur la personnalité de celui-ci, heureusement d’ailleurs, car, si l’on y réfléchit, nous serions tous de parfaits clones psychiques si ce n’était pas le cas !

 

Cependant, le consensus verbal implicite qui est la fonction essentielle d’un code et donc du langage, a une grande puissance sur l’esprit des personnes et il crée un décalage incontournable dans leur conscience, entre le sens personnel que chacun donne aux mots et le sens officiel qui reste toujours à l’arrière plan, créant une sorte de schizophrénie langagière, qui finalement renforce l’égo négatif de tous ceux qui n’en sont pas conscients, chacun croyant que les mots de l’autre représentent la même réalité que lui-même y met.

 

Que se passe-t-il alors dans la communication verbale ?

 

Chacun de vos interlocuteurs, qui a son propre encodage/décodage des mots, ne peut comprendre, dans ce que vous lui dîtes, que ce que lui-même dirait s’il employait les mêmes mots que vous… ! c’est donc lui-même que finalement il écoute quand vous lui parlez !

 

Voici pour le coté « récepteur » de la communication verbale, voyons maintenant ce qu’il en est du côté « émetteur » , et ce n’est pas moins étonnant.

 

En effet, nous ne pouvons, en parlant, décrire que deux sortes de choses : soit des choses que nous avons appris du monde extérieur mais qui restent théoriques parce que nous  n’avons pas eu l’occasion de les valider par une expérimentation personnelle ou au contraire, des choses que nous avons vécus, expérimentés, ressentis, éprouvés et évalués personnellement, mais dans les deux cas, leur subjectivité reste totale, c’est encore nous-mêmes que nous décrivons, y compris dans le premier cas, car les rapporter en leur accordant foi c’est se les approprier.

 

Le langage est donc toujours un véritable miroir de soi, une manifestation intégrale de notre égo.

Pour bien communiquer verbalement,chaque personne devrait avoir fabriqué le dictionnaire de son propre langage et le prêter à chacun de ses interlocuteurs en début de conversation, le dictionnaire officiel de la langue utilisée ne servant strictement à rien puisque, par ailleurs, lui aussi est le produit de la traduction inévitablement subjective du sens des mots de celui qui l’a écrit.

 

Pensez-vous utile d’avoir lu ce texte ? avez-vous encore envie de parler ?

 

En tous cas, si vous persistez à le faire, restez conscient de ce phénomène et peut-être cela va-t-il quand même changer quelque chose dans vos relations humaines avec les autres….

 

Mais si vous voulez aussi expérimenter le silence, ne vous gênez pas ; il recèle beaucoup de pouvoir relationnel….

 

L’éclaireur