Les constructeurs de Khadjuraho, Beethoven, Rembranlt, Lao-tseu, ou les bâtisseurs de cathédrales ne connaissaient ni la chimie ni la physique ni les mathématiques ni l’informatique ni la médecine technologique et cependant, nous qui connaissons tout cela nous sommes incapables de réaliser des œuvres artistiques ou philosophiques d’une telle valeur.
L’intelligence du cœur est la fille naturelle d’une vision spirituelle du monde et c’est parce qu’elle a été mise de côté pendant deux siècles que nous en sommes arrivé là : empoisonnement généralisé de la terre, de l’eau, de la nourriture, disparition des espèces animales, médecine toxique et mercantile, décadence sanitaire et physique des hommes et par-dessus tout régression générale de leur niveau de conscience.
Ce n’est donc pas par une écologie matérialiste que nous luterons contre le matérialisme mais en inscrivant le sursaut écologique dans une perspective qui lui tourne résolument le dos, c'est-à-dire en retrouvant la dimension spirituelle naturelle de notre conscience et de notre rapport à la terre et à la vie. Or, quelle voie spirituelle est plus proche et plus respectueuse des lois immuables de la nature que le chamanisme ?
Souvent qualifié de « réalisme spirituel » le chamanisme n’est d’ailleurs pas une religion mais une vision énergétique et pragmatique du monde qui réintègre le sens du mystère dans le quotidien de l’homme pour une démarche personnelle faisant de la conscience le centre de son existence et la source d’une créativité cognitive illimitée.
Ainsi, ce ne sont plus la matière et la nature comme source d’enrichissement qui intéressent les chamanes mais comme produit de la conscience créative de l’univers. Ils explorent toute forme de conscience pour en extraire encore plus de conscience et de joie.
Le matérialisme n’est ni une évidence historique ni un aboutissement nécessaire et glorieux de l’évolution humaine mais un cul-de-sac que nous devions cependant explorer pour rebondir et retrouver le vrai sens de notre cheminement vers un bonheur digne de notre niveau de conscience.
Claude Paul DEGRYSE
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